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Markoosie (1941–2020)

Forfatter af Harpoon of the Hunter

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Om forfatteren

Includes the name: Markoosie Patsauq

Værker af Markoosie

Associated Works

Our Bit of Truth: An Anthology of Canadian Native Literature (1990) — Bidragyder — 18 eksemplarer

Satte nøgleord på

Almen Viden

Kanonisk navn
Markoosie
Juridisk navn
Patsauq, Markoosie
Fødselsdato
1941-05-24
Dødsdag
2020-03-08
Køn
male
Land (til kort)
Canada
Dødsårsag
throat cancer
Bopæl
Inukjuak, Quebec, Canada
Erhverv
commercial pilot

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Anmeldelser

J’ai acheté ce livre il y a de nombreuses années à la librairie du Québec, à un moment où je découvrais la littérature francophone d’outre-Atlantique. Ce livre bilingue (inuit-français) est un objet assez particulier avant tout parce qu’il permet de découvrir une écriture que je n’avais jamais vue avant, faite d’étranges symboles plutôt géométriques. C’est aussi un livre témoignage puisque, comme répété à l’envi, sur la quatrième de couverture, dans les différentes partie de l’introduction et je ne sais où encore, il s’agit du premier roman inuit publié. Je me suis aperçue que la traduction française a été établie à partir de la traduction anglaise, ce que je déplore, d’autant que j’imagine qu’il doit bien exister des traducteurs de l’inuit au français. Mais j’ai tout de même lu ce livre avec plaisir et intérêt. L’objet est d’ailleurs agréable à tenir en main, avec sa couverture aux couleurs sobres et au toucher épais et rugueux.
Dans son court avant-propos, Markoosie, l’auteur, indique qu’il raconte ici une histoire qu’il a maintes fois entendue raconter enfant, elle fait partie de son patrimoine oral et il a décidé de l’écrire pour qu’elle ne se perde pas. Et cette histoire est dépaysante lorsqu’on la lit avec nos yeux d’Occidentaux. C’est une histoire de solidarité, de passage à l’âge adulte, de responsabilité, de dépassement de soi. On sent le froid, on sent la faim, on sent l’effort, on sent le dépassement de ses propres limites. On ressent la vie telle qu’elle peut être dans des milieux aussi hostiles, et pour moi qui suis particulièrement frileuse, j’apprécie de lire ce type de roman cachée sous ma grosse couette.
Mais le livre n’est pas que dépaysant, il est déroutant aussi. Dès sa parution en anglais puis en français, il a été classé en littérature jeunesse, ce qui hélas a probablement nui à son rayonnement. Mais je ne donnerais certainement pas ce livre à lire à des enfants. En effet, au-delà des scènes de chasse et de randonnées harassantes, ce livre questionne ouvertement le sens de la vie, les raisons que l’on a (ou que l’on n’a pas) de continuer à vivre, de se battre pour survivre, et la fin est tout à fait inattendue.
Markoosie a entendu cette histoire enfant. Manifestement l’éducation des enfants inuits à son époque diffère profondément de l’éducation occidentale actuelle. Cela en dit probablement aussi assez long sur la façon dont on prépare ses enfants aux tâches, responsabilités et défis qui les attendront adultes. Et c’est un livre très intéressant à lire en tant qu’adulte.

Post-scriptum : Mon édition, dans la collection Jardin de givre des Presses de l’Université du Québec, est précédée d’une introduction de Daniel Chartier, professeur dans cette même université, qui apporte un éclairage très intéressant sur l’œuvre, tant pour le contexte historique et social de sa production, que pour sa réflexion sur la façon dont un peuple de culture orale peut ou non entrer dans la culture écrite, et la façon dont est reçue son œuvre, avec un mélange d’intérêt et de condescendance, et surtout un filtre ethnologique patent : un roman inuit doit-il nécessairement parler de traditions inuit ? Comment juger un texte produit dans ces conditions, pour sa valeur littéraire, pour son intérêt en tant que témoignage ? Un peu de tout cela ?
Cette introduction, que j’ai lue après avoir fini le roman (et heureusement, sinon j’aurais tout su de l’intrigue avant même la première ligne du roman), m’a beaucoup donné à réfléchir. Elle interroge une posture largement répandue, mais je me suis sentie concernée au premier chef, et elle m’interroge sur mon propre positionnement en tant que lectrice, d’autant que j’aime beaucoup la littérature internationale. Mais comment est-ce que je la choisis ? Comment est-ce que je l’aborde ?… Ces questions me trottent dans la tête depuis que j’ai fini ce livre. Elles m’ont déstabilisée et je n’en suis pas mécontente, et elles pourraient bien influencer la lectrice que je suis.
J’ai donc un peu l’impression, avec ce livre, d’avoir eu deux livres en un : le court roman de Markoosie et un cours de littérature étrangère en accéléré avec l’introduction à cette œuvre. Et ça n’est pas pour me déplaire !
… (mere)
1 stem
Markeret
raton-liseur | Dec 14, 2021 |

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